Même le virtuel peut se laisser mourrir. Je ne sais pas ce que m'apporte la continuation de moins en moins suivie d'ici. Peut-être que la vraie question est "qu'est ce que cela vous apporte à vous?". Rien. En y regardant de plus près je me rend compte de tout ce que j'ai laissé ici et ma conclusion est qu'à défaut d'être publiée sur support papier, je me suis servi d'ici pour accoucher quelque part, aussi virtuel que soit l'endroit, de la fameuse trace.
L'an dernier dans un de mes articles j'ai écrit : "l'an prochain à cette période là, je dirai que j'ai 20 ans, que je suis diplômée et que je viens d'être publiée". C'est finalement un peu vrai. J'ai 20 ans, je suis publiée par le moyen dont je me sers en ce moment. J'ai eu ma licence, et aujourd'hui je travaille. Je crois sincèrement que ce que l'on inscrit dans le réel avant que ça n'arrive actualise ce qui est à venir. Je crois qu'en faisant des plans, on peut arriver à ce qui nous tient vraiment à coeur. Et peu importe si certains ne me font preuve d'aucune reconnaissance, peu importe si parfois je me sent complètement oublié par ceux que j'apprécie, l'essentiel c'est de pouvoir me dire que je ne dois rien à personne et que j'ai atteint ce pourquoi j'ai travaillé si dur. Autour de la table il y avait peu de gens, mais ce sont ces visages là qui, bien que m'étant familiers, sont ceux que je suis toujours aussi reconaissante d' avoir en face de moi. Ce sont ceux que je vois aussi bien rire que pleurer, c'est là la différence.
La question ne se pose même pas et si elle se pose, c'est que ce ne sont plus les bons.
Le reste ne compte plus.